Scoliose et ostéopathie
Qu’est-ce qu’une scoliose ? Découvrez ses causes, ses symptômes, l’angle de Cobb, les traitements et la place de l’ostéopathie en cas de scoliose
MOTIF DE CONSULTATION EN OSTÉOPATHIE
Margaux Gérard ostéopathe
Scoliose & ostéopathie
Une épaule plus haute que l’autre, une asymétrie du dos, un bassin qui semble décalé… La scoliose est souvent découverte pendant l’enfance ou l’adolescence, parfois à l’occasion d’un simple examen médical.
Mais avoir le dos « de travers » signifie-t-il forcément que l’on a une scoliose ? Une scoliose provoque-t-elle nécessairement des douleurs ? Peut-on la corriger ? Et quelle peut être la place de l’ostéopathie ?
Pour répondre à ces questions, il faut commencer par comprendre ce qui se passe réellement au niveau de la colonne vertébrale.


Qu’est-ce qu’une scoliose ?
Vue de profil, une colonne vertébrale normale n’est pas droite. Elle présente naturellement plusieurs courbures : la lordose cervicale, la cyphose thoracique et la lordose lombaire. Vue de face ou de dos, en revanche, elle est normalement relativement rectiligne. Dans une scoliose, la colonne présente une déformation qui ne se limite pas à une simple inclinaison sur le côté. Il s’agit d’une déformation tridimensionnelle du rachis, associant notamment une courbure latérale et une rotation des vertèbres. Cette rotation explique l’un des signes caractéristiques de certaines scolioses : la gibbosité (bosse visible dans le dos lorsque la personne se penche en avant).
Comment mesure-t-on une scoliose ?
Lorsqu’une scoliose est suspectée, le diagnostic repose sur une radiographie du rachis. La courbure peut alors être quantifiée grâce à ce que l’on appelle l’angle de Cobb. Cet angle est mesuré entre certaines vertèbres situées aux extrémités de la courbure. On parle généralement de scoliose lorsque l’angle de Cobb est supérieur ou égal à 10°, en présence d'une rotation vertébrale. Cette mesure est particulièrement importante chez l’enfant et l’adolescent, car elle permet de surveiller l’évolution de la courbure au cours de la croissance.
Scoliose ou attitude scoliotique : attention ce n’est pas la même chose!
La distinction est importante. Une scoliose structurelle correspond à une véritable déformation tridimensionnelle de la colonne vertébrale avec rotation vertébrale. À l’inverse, une attitude scoliotique correspond à une déviation du rachis sans la même déformation structurelle (Selon sa cause, la déviation peut diminuer ou disparaître lorsque la personne change de position ou lorsque le facteur responsable est corrigé)
Ces deux situations ne nécessitent donc pas nécessairement la même prise en charge.
Pourquoi développe-t-on une scoliose ?
Dans la majorité des scolioses diagnostiquées chez l’adolescent, aucune cause précise n’est retrouvée. On parle alors de scoliose idiopathique de l’adolescent (c'est à dire que l’on ne connaît pas précisément la cause de la déformation). Son apparition est probablement multifactorielle et une composante génétique semble notamment intervenir.
Il est également important de casser une idée reçue : une mauvaise posture, un cartable lourd ou le fait de se tenir de travers ne sont pas considérés comme les causes d’une scoliose idiopathique.
Pourquoi surveille-t-on particulièrement la scoliose pendant la croissance ?
Toutes les scolioses n’évoluent pas de la même manière. Chez l’enfant et l’adolescent, l’un des principaux enjeux est de déterminer le risque d’aggravation de la courbure pendant la croissance. Ce risque dépend notamment de l’importance de la courbure, de l’âge auquel elle est découverte et du potentiel de croissance restant. Selon la situation, une simple surveillance peut suffire. Dans d’autres cas, une prise en charge spécifique peut être proposée.
A titre personnel, je conseille de faire vérifier le dos tous les 6 mois en période de forte croissance, soit par le médecin généraliste, soit par l'ostéo.
Une scoliose provoque-t-elle forcément des douleurs ?
La réponse est non! De nombreuses scolioses, notamment chez l’adolescent, sont peu ou pas douloureuses. Elles peuvent d’ailleurs être découvertes simplement parce qu’un parent, un médecin ou un professionnel de santé remarque une asymétrie du dos.
La douleur ne dépend pas uniquement de l’importance de la courbure. L’activité physique, la condition musculaire, les contraintes professionnelles, le vieillissement du rachis et de nombreux autres facteurs peuvent intervenir.
Il est donc important de ne pas réduire systématiquement une douleur de dos à la scoliose visible sur une radiographie.
Comment traite-t-on une scoliose ?
La prise en charge dépend de nombreux paramètres : âge, importance de la courbure, évolution, croissance restante et éventuels symptômes. Chez l’enfant ou l’adolescent, elle peut aller d’une simple surveillance régulière à une prise en charge spécifique comprenant notamment des exercices adaptés (sport, kiné....) et dans certaines scolioses évolutives le port d’un corset orthopédique.
Peut-on corriger une scoliose ?
Cette question est fréquente au cabinet.
Dans le cas d’une scoliose structurelle, il n’est généralement pas possible de faire disparaître complètement la déformation de la colonne par des exercices, de la kinésithérapie ou des manipulations. La scoliose est une déformation tridimensionnelle du rachis associant une courbure et une rotation des vertèbres : il ne s’agit donc pas simplement de vertèbres « déplacées » qu’il serait possible de remettre en place.
Chez l’enfant et l’adolescent encore en croissance, l’objectif est surtout de limiter l’aggravation de la courbure.
Chez l’adulte, même lorsque la courbure persiste, il est tout à fait possible d’agir sur ses conséquences. Améliorer la mobilité, renforcer la musculature, maintenir une activité physique et prendre en charge les douleurs peuvent permettre de mieux vivre avec une scoliose au quotidien.
Il faut enfin distinguer la véritable scoliose d’une attitude scoliotique. Cette dernière ne présente pas la même déformation structurelle avec rotation des vertèbres et peut être davantage réversible selon son origine.
Quelle est la place de l’ostéopathie dans la scoliose ?
Comme expliqué au dessus, l’ostéopathie ne permet pas de redresser une scoliose structurelle ni de faire disparaître la courbure vertébrale. En revanche, certaines personnes présentant une scoliose consultent un ostéopathe pour des douleurs ou gênes musculo-squelettiques associées. La présence d’une courbure peut s’accompagner d’adaptations au niveau du rachis, de la cage thoracique, du bassin ou des muscles. L’examen ostéopathique peut alors s’intéresser à ces différentes régions et rechercher les éléments susceptibles de participer aux symptômes du patient.
L’objectif de la prise en charge ostéo est donc avant tout fonctionnel et symptomatique : accompagner certaines douleurs ou sensations de raideur et favoriser le confort dans le mouvement.
Margaux Gérard
Ostéopathe Villeurbanne


Margaux Gérard Ostéopathe
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